Mur de code

Article / 3 min. de lecture - mise en ligne le 13/07/2023

La durabilité des données en fin de vie : une impasse pour certaines entreprises

39 % des entreprises françaises n’agissent pas sur les problèmes de durabilité liés aux données en fin de vie. Selon un nouveau rapport Blancco, ces organisations vont tout droit vers une « impasse de durabilité ».

La nouvelle étude publiée par Blancco Technology Group, acteur en matière de solutions d’effacement de données et de cycle de vie des appareils mobiles, évalue l’impact environnemental de l’encombrement numérique, les comportements actuels vis-à-vis de la gestion durable des données en fin de vie et la mesure des émissions de Scope 3* au sein des entreprises de santé et de services financiers en France.

Selon l’étude, intitulée « Les Coûts en matière de durabilité des données en fin de vie » qui s’appuie sur un sondage international interrogeant 1 800 personnes, dont 300 en France, la durabilité environnementale a un impact élevé à modéré sur l’approche de la gestion des données en fin de vie pour 86 % des entreprises. Malgré cela, plus d’un tiers (39 %) n’ont à ce jour pas mis en place de plan de réduction de l’encombrement numérique, risquant ainsi de ne pas respecter la future réglementation en termes de durabilité.

Face à l’impulsion mondiale pour une meilleure gestion environnementale de la part de l’ensemble des secteurs, les régulateurs font la chasse aux initiatives environnementales qui paraissent grandioses, mais sont peu efficaces, et qui font partie de ce qu’on appelle « l’écoblanchiment ». La majorité des sondés en France (59 %) disent avoir confiance en leur organisation pour réduire l’impact environnemental de leur informatique, mais plus d’un tiers des sondés ne sont au contraire pas confiants.

Selon le rapport précédent, intitulé « Données Stockées à distance », le passage au Cloud a fait augmenter le volume de données redondantes, obsolètes ou triviales collectées (données ROT) dans 71 % des entreprises françaises. Il en résulte un défi financier et environnemental pour les entreprises, plus d’un tiers (68 %) des entreprises de santé et de services financiers étant concernées par l’augmentation des coûts énergétiques et l’impact du stockage de quantités importantes de données. Plus on stocke de données, plus on utilise d’énergie et plus on génère d’émissions carbone.

L’excès de stockage de données a un coût financier et environnemental

Cela pose un défi pour les entreprises de santé et de services financiers, la réglementation exigeant une gestion extrêmement rigoureuse des données. Mais l’excès de stockage de données a également un coût financier et environnemental, et ce même au sein du Cloud. Il se pourrait que le rythme de migration vers le Cloud se retourne contre les entreprises de ces deux secteurs très fortement réglementés. Il y a lieu de bien examiner les enjeux de durabilité « cachés » comme les données en fin de vie.

L’étude a également enquêté pour savoir si ces entreprises mesuraient leurs émissions de Scope 3 suite à la confirmation d’une nouvelle norme de l’International Sustainability Standards Board (ISSB) exigeant la publication des émissions de Scope 3. À première vue, les nouvelles sont bonnes : 86 % des entreprises françaises interrogées mesurent leurs émissions de Scope 3 et plus de la moitié (55 %) déclarent solliciter de leurs partenaires et fournisseurs qu’ils déclarent comment ils réduisent leur impact environnemental. Mais avec les conclusions du précédent rapport à l’esprit, un pourcentage légèrement inférieur, 53 %, demande à leur fournisseur Cloud de déclarer comment ils réduisent l’impact environnemental du stockage Cloud. C’est peut-être encore plus probant si l'on considère que 30 % des entreprises ne font pas confiance à leur fournisseur Cloud pour gérer efficacement les données en fin de vie pour leur compte.

« Si l’ampleur du changement requis afin de combattre la crise climatique peut sembler décourageante, c’est l’occasion de mettre en place une action climatique ambitieuse et de se démarquer de la concurrence. Avec la réglementation imminente et les coûts financiers et environnementaux d’un stockage trop important de données, les entreprises françaises ne peuvent se contenter d’un soutien de façade à la durabilité. Il existe également des risques sécuritaires importants résultant d’une surface d’attaque toujours plus grande. Il est prioritaire d’intégrer des stratégies de réduction de l’encombrement numérique, en ligne avec les objectifs de durabilité et la réduction des coûts », affirme Yves Gheeraert, Directeur Benelux, France et Europe du Sud chez Blancco.

Au-delà des exigences réglementaires, il existe d’autres retombées de l’amélioration des pratiques durables. Ainsi, 42 % des sondés pensent que les investisseurs et clients privilégient la collaboration avec les entreprises durables et 57 % pensent également que les employés et futurs employés privilégient les entreprises qui ont une démarche pour la durablilité. Raison de plus pour les entreprises d’analyser l’ensemble de l’exploitation afin de déterminer où les émissions et l’impact environnemental peuvent être réduits.

Le rapport conclut par des pistes de réduction de l’encombrement numérique pouvant être utilisées par les entreprises, par le biais de réductions des données ROT ou des informations n’ayant plus de valeur ajoutée, ainsi qu’un guide sur la gestion de fin de vie des actifs.

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