Intégrer une dimension internationale est l'ambition de nombreuses startups. Alban Bilgorai, responsable du développement de The Translation People, nous livre ses conseils pour développer une stratégie linguistique et culturelle adaptée.

Le marché des fintechs bat continuellement des records de croissance. En 2021, ce sont 2,72 milliards d’euros qui ont été levés par les fintechs françaises, ce qui représente une hausse de 174% par rapport à 2020. Principal levier de croissance : la réduction des interactions sociales qui a été imposée à la population mondiale à cause de la covid 19…

Dans ce contexte, les services financiers numériques sont devenus encore plus vitaux dans le monde. Aujourd’hui, toutes les entreprises françaises qui souhaitent évoluer à l’international doivent développer une stratégie linguistique et culturelle, notamment pour l’adaptation de leurs logiciels à chaque marché national qu’elles souhaitent cibler ; mais aussi dans le cadre d’une stratégie marketing internationale avec des campagnes locales adaptées aux cultures de chaque territoire où elles souhaitent promouvoir leurs différentes marques. En effet, selon l’Organisation Internationale de la Francophonie, il n’y a que 321 millions de personnes francophones dans le monde, sur une population totale estimée à près de 8 milliards d’individus… Or, la plupart des internautes et des utilisateurs de logiciels privilégient les outils utilisant leur langue maternelle.

Dans ce cadre, comment s’assurer que la terminologie de son secteur professionnel soit bien comprise et adaptée ? Que le contenu traduit soit parfaitement localisé et adapté aux utilisateurs d’un point de vue linguistique comme logistique ? Que la cohérence soit maximisée, les coûts réduits et les délais optimisés ?

Choisir des traducteurs professionnels qualifiés

Tout d’abord, il est stratégique de miser en priorité sur l’humain, c’est-à-dire sur des linguistes qualifiés et spécialisés dans les fintechs, recrutés par leurs agences sur la base d’un processus de recrutement rigoureux. À noter une règle importante dans le secteur : ces linguistes doivent toujours traduire vers leur langue maternelle. Une fois cette pré-sélection réalisée, ne pas hésiter à demander à faire des tests en amont de la signature du contrat, afin de choisir le professionnel qui sera le plus à l’aise sur leurs thématiques et travaux prioritaires qu’il aura à traiter.

Miser sur la mémoire de traduction

Il s’agit d’une technologie qui incorpore des « mémoires » personnalisées. Celles-ci contiennent les terminologies les plus fréquemment employées par une entreprise et sont constituées pendant les projets de traduction par des traducteurs techniques spécialisés, pour s’assurer que les mots et les expressions complexes soient traduits uniformément, quel que soit le nombre de langues demandées. Elles contribuent à améliorer l’optimisation, l’efficacité, et finalement le retour sur investissement de la traduction. 

Conçus pour rendre le processus de traduction plus intelligent, les logiciels de mémoire de traduction permettent aussi d’avoir recours à davantage d’automatisation et de profiter d’une précision accrue, avec la capacité de stocker et de conserver des mots, des expressions, et même des sections entières de texte dans des bases de données sécurisées, spécifiques aux organisations. Si une traduction de contenu technique est déjà incluse dans la mémoire de traduction, le traducteur est averti que les informations en question sont disponibles et peuvent être réutilisées pour accélérer le travail.

Penser à la traduction automatique pour minimiser les coûts

De la même manière, pour certains projets, la technologie de traduction automatique spécialisée peut être configurée et entraînée afin de produire une première ébauche de traduction automatisée qui incorpore la terminologie et le style spécifiques de l’entreprise, basée sur les traductions précédentes. À l’aide d’une plateforme sécurisée, cette première ébauche de la traduction peut ensuite être révisée par un linguiste spécialisé, de façon à obtenir une traduction de qualité humaine pour une fraction du coût et du temps qui auraient été nécessaires pour la réaliser en partant de zéro. En outre, la version révisée peut ensuite à son tour être incorporée dans le moteur de traduction automatique, pour améliorer continuellement les résultats et produire des traductions de meilleure qualité, encore moins chères et de plus en plus rapidement.

Suivre 5 axes de travail incontournables pour la localisation des logiciels

Lorsqu’une entreprise souhaite traduire et adapter un logiciel à un pays étranger, il est vivement conseillé qu’elle se rapproche de professionnels de la traduction capables de gérer tous les types de fichiers complexes tels que .json, .xml, .po, .yml, etc. afin de s’assurer que le travail sera rapide et efficace. Ensuite, il est recommandé de respecter les 5 axes de travail suivants.

1 : Anticiper

Premier point : prévoir des espaces texte flexibles lors de la conception de la version originale du logiciel, car d’une langue à une autre, le nombre de caractères utilisés pour une même phrase ne sera pas le même. Par exemple, en comparaison avec le français, l’anglais est en général plus synthétique d’environ 20 % alors que l’allemand aura besoin de 5 % de place supplémentaire.

Par ailleurs, pour s’assurer que tous les caractères d’une langue s’affichent correctement, il est indispensable d’utiliser un encodage Unicode (UTF-8 ou UTF-16). Unicode est la norme standard en matière d’encodage et permet de gérer de nombreux types d’écritures qui existent dans le monde. À défaut d’un encodage approprié, certains caractères ne s’afficheront pas correctement.

En parallèle, l’affichage des dates, nombres, devises, et autres données chiffrées doit pouvoir être modifié en fonction des conventions de chaque région du monde : utilisation de virgules décimales au lieu de points, séparation des grands nombres par des points ou des espaces insécables, pour les dates, faire précéder les mois ou les jours, écrire l’année entière ou juste les deux derniers chiffres…

2 : Éviter les personnalisations excessives

Il est fréquent de voir une application afficher un message de bienvenue personnalisé tel que « Bienvenue David ! ». Pour obtenir ce type d’affichage, les développeurs font appel à la concaténation, qui permet d’associer deux éléments séparés en une seule et unique chaîne où la première partie du message est concaténée afin de la combiner avec le nom de l’utilisateur qui a été précédemment stocké, sous la forme « Bienvenue » + nom_utilisateur. Or, l’ordre des mots peut d’une traduction à une autre et le genre et la grammaire de certaines parties de phrases peuvent être modifiés selon leur emplacement. C’est pourquoi nous recommandons d’éviter tout type de personnalisation non essentielle.

3 : Partager toutes les informations qui permettront au traducteur de comprendre votre contexte

Pour obtenir la traduction la plus efficace possible, l’idéal est d’inclure des commentaires explicatifs au sein-même du logiciel à traduire, afin d’aider le traducteur à bien comprendre le sens et le contexte. Et si cela est possible, il est encore mieux de prévoir une démonstration de l’application, pourquoi pas via l’organisation d’un webinaire.

4 : Prévoir une localisation fictive

Lors de cette étape du travail, le texte traduisible est remplacé par un seul caractère répété, afin de s’assurer que tout le texte qui doit être localisé le sera ; et que tout ce qui constitue la chaîne logicielle (codes, balises…) reste intact.

5 : Tester !

De nombreux points doivent être contrôlés avant la mise en service d’une version localisée d’un logiciel : disposition, affichage correct des caractères spéciaux, fonctionnement des liens, exactitude de tous les réglages locaux tels que les nombres, dates, devises… Impossible de faire l’impasse sur cette étape.

Le secteur des technologies financières occupe aujourd’hui un rôle central dans l’économie mondiale actuelle. La grande majorité des entreprises impliquées dans cette tendance ont ou visent une envergure internationale, notamment à travers le développement continu de plateformes technologiques. C’est pourquoi il est essentiel qu’elles puissent se reposer sur l’expertise de partenaires de traduction fiables, aux process rigoureux, afin de s’assurer de la qualité du contenu financier diffusé, quel que soit le pays ciblé.


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