Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) et Risques Psychosociaux (RPS), sont l’origine des maladies professionnelles les plus déclarées en France. Un risque pour les employés mais aussi pour les entreprises. Comment les prévenir ? Éléments de réponses.

TMS et RPS sont responsables de plus de 22 millions de journées de travail perdues. Mais si santé au travail et santé dans l'entreprise sont indissociables il n’existe malheureusement pas de solutions « toutes faites » pour lutter contre les TMS et RPS. D’une entreprise à l’autre, d’une situation de travail à l’autre, les causes et les facteurs sont différents. Les démarches de prévention sont donc propres à chaque entreprise. Motivæction, entreprise spécialisée dans la prévention des TMS et RPS, nous dévoile son approche.

© Motivæction

Pouvez-vous nous présenter Motivæction ?

Depuis 2013, acteur du bien-être et de la performance par le sport, au sein du groupe Stay Fit, notre équipe a accompagné plus de 7 000 particuliers et 500 entreprises dans l’atteinte d’objectifs variés tels que la détresse psychologique, la cohésion de groupe, la perte de poids, la rééducation, la motricité et la formation professionnelle de coachs sportifs.
En 2017, nous avons créé et déposé une méthodologie d’accompagnement basée sur l'éducation sportive dont l’adage pourrait être « le savoir avant l’action ».
En 2019 nous avons lancé Motivæction, un programme dédié à la performance des salariés, ainsi qu’à leur mieux-être au quotidien dont la mission est d'apporter une solution QVT clé en main aux entreprises. Nous intervenons sur différentes problématiques : Prévention des risques liés au burn-out, prévention des risques liés aux TMS, nutrition santé au travail, aménagement d’espaces dédiés, mise à disposition de coachs en entreprise, plages horaires dédiées en salle de sport...

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Quels sont les enjeux pour les entreprises ?

Le mal-être au travail, les RPS et TMS impactent directement la santé financière des entreprises en générant chaque année plusieurs milliards d’euros de dépenses en frais de remplacement et procédures juridiques. Au-delà de la dégradation de l’image de marque, 30 % des arrêts de travail sont causés par un TMS. Selon le site de l'assurance maladie, la durée moyenne d'un arrêt de travail pour un accident lié au dos est de 2 mois et au total 22 millions de journées de travail sont perdues à cause des TMS et du mal de dos (source AMELI décembre-2020).

Côté RPS, le mal-être au travail se chiffre à 13 340 euros par an par salarié et mène à de fortes baisses de productivité, des turnovers et une augmentation de l’absentéisme. Selon une étude Opinionway, fin 2021, 2,5 millions de salariés étaient en état de burn-out sévère.

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Comment se formalisent vos interventions dans les entreprises ?

Concrètement tout part d'un audit. En règle générale, les entreprises qui nous contactent ont identifié une problématique et attendent qu’on les aide à les résoudre. Deux sujets nous sont principalement adressés : un turnover important où un nombre d'arrêts maladie conséquents. Notre audit permet via un questionnaire (50 à 70 questions) de déterminer si nous sommes en capacité de répondre à la problématique de l’entreprise et si c'est le cas de faire un certain nombre de propositions (gestion des RPS, cohésion d'équipe, journées de prévention aux Troubles Musculo-Squelettiques ou Risques Psycho Sociaux...).

Concernant les deux gros pôles que sont les TMS et les RPS, nous avons développé des sous pôles : nutrition, gestion du stress, gestion du sommeil. À l’issue de notre audit nous élaborons un cahier des charges qui pose le cadre de notre intervention.

En termes de formation, d'information et de prévention nous intervenons in situ, dans nos locaux et en extérieur.

Qui remplit le questionnaire nécessaire à l'audit ? Les services RH, les salariés ou cela se fait-il de manière conjointe ?

Nous avons deux questionnaires. Un premier que nous communiquons principalement aux RH, instances CSE (comité social et économique), office managers ou encore happyness managers, qui sont nos principaux interlocuteurs. Quand ces services veulent impliquer et échanger avec leurs collaborateurs nous leur soumettons un second questionnaire dédié aux équipes.

La crise sanitaire a modifié nos façons de travailler et de plus en plus de collaborateurs sont en télétravail. Comment intervenez-vous auprès de ces salariés ?

Le télétravail et l’isolement social ont eu d’importants impacts sur la santé mentale des salariés. Une détresse psychologique qui impacte fortement la santé physique. Depuis 2021, les Troubles Musculo-Squelettiques sont la deuxième cause d’arrêt de travail (avec 45 % d’incapacité permanente), juste devant les Risques Psychosociaux (RPS) et le burn-out.

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Cependant, pour nous les problématiques restent les mêmes. Les TMS par exemple sont essentiellement dues à de mauvaises postures (quel que soit l’équipement), ou à un matériel inadapté (chaise, bureau…).

Dans le premier cas l'intervention relève de notre cellule de prévention, qui est la même pour un salarié en entreprise que pour un collaborateur en télétravail. Dans le deuxième cas nous travaillons avec des ergonomes qui nous permettent de formuler des préconisations en termes de kit de télétravail. Notons qu’aujourd'hui, de plus en plus de sociétés souscrivent à des « kits de télétravail » pour leurs employés.

La crise sanitaire a également modifié le rapport au travail. Constatez-vous un regain d'intérêt des entreprises concernant ces problématiques comme facteur d'attractivité ?

Si bien avant la crise sanitaire la question de la qualité de vie au travail (QVT) ou qualité de vie et de confort au travail (QVCT) soulevait déjà de grands enjeux pour les employeurs, elle est désormais plus prégnante. Elle permet à des sociétés d'avoir une marque employeur plus forte et donc d'attirer plus de talents. Toutefois, si on prend la répartition des problématiques de nos clients, les solutions sur la partie marque employeur ne représentent que 20 % de nos interventions. Les 80 % restant concernent la prévention.

Avez-vous une obligation de réussite ?

Concernant les incentives au sortir de l'audit, nous avons un certain nombre de points qui sont identifiés avec des KPI (key performance indicator). C'est le travail sur ces KPI qui va permettre à l'entreprise de jauger et juger de la qualité de notre prestation. À la suite de la formation nous remettons un passeport santé aux collaborateurs qui comprend un glossaire et un rappel des différents éléments abordés. Nous envoyons également un questionnaire à chacun des collaborateurs pour valider que tous les points partagés ont été entendus et assimilés.

Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?

Nous sommes sollicités par des instances dirigeantes, et bien souvent la demande n'émane pas des collaborateurs. Il peut donc y avoir une forme de réticence, de défiance ou encore de méfiance. Des problématiques telles que la gestion du stress sont touchy à gérer en entreprise. Ce sont des sujets un peu tabou. À cela s'ajoute la question du management qui est de plus en plus remis en cause. Nous sommes donc parfois confrontés à des collaborateurs qui perçoivent la formation comme un élément proposé voir imposé par la direction en vue d’accroître la productivité ou encore la motivation professionnelle. Notre rôle consiste à faire adhérer les collaborateurs. Nous sommes avant tout là pour les « éduquer » en vue d'acquérir de bonnes pratiques : postures, nutrition, sommeil... Autant de thématiques « bien-être » qui ne se cantonnent pas uniquement à la sphère professionnelle.

Quel est votre business model ? Quels sont vos objectifs en termes de développement pour les années à venir ?

Nous avons une stratégie à cinq ans. Notre volonté est de développer un modèle scalable. En termes de vocations au-delà de celle de développer un business, nous avons la volonté d’adresser ces problématiques de manière beaucoup plus généraliste et généralisée qu'elles le sont aujourd'hui. Notre ambition est la prise de conscience. En effet, sur le terrain nous constatons que de nombreuses entreprises commencent à s’inquiéter du bien-être de leurs salariés avec un temps de retard, c'est-à-dire au moment où les premiers TMS (mal de dos…) ou RPS (signent de stress..) apparaissent.

À terme, notre objectif serait de dispenser cette méthode au niveau national et peut-être international, de manière à ce que ces problématiques soient mieux entendues, mieux identifiées, et mieux adressées au niveau des entreprises.

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