La levée de fonds est un sujet récurrent dans le petit écosystème des startups. Mais si la levée de capitaux est un mode de financement prisé par les jeunes entreprises innovantes, ce n’est pourtant pas une démarche évidente. Check-list des étapes à suivre !

Alors que sa startup n’avait que 3 mois d’existence, Maxime Cariou, fondateur de T.O.P. (Team Opportunity Prediction), une startup à l’origine d’une solution prédictive basée sur l’IA visant à réduire le turn-over en entreprise, a levé plus d'un million d'euros en seulement deux semaines. Un record en France quand on sait combien il peut être long et compliqué de trouver des investisseurs. Pour L'ADN Data il revient sur son parcours.

Comment établir une vraie stratégie autour de sa levée de fonds ?

Il est primordial tout d’abord d’être dans l’axe de son marché et surtout dans le bon timing. Le facteur temps est la clé et représente en moyenne déjà 40% de la réussite d’un projet.

D’autre part, un point qui me semble essentiel afin de raffiner son approche sur la levée de fonds est de marketer son produit le plus tôt possible. Les investisseurs se fient à des marqueurs et ont besoin de comprendre la capacité à vendre ou faire vendre de l’entrepreneur. Il faut donc autant que possible être clair avec vous-même et avec votre projet, puisque l’investisseur misera tout d’abord sur votre personnalité, votre témérité, votre éloquence et votre capacité à développer des partenariats au sein de votre écosystème.

Comment structurer son développement : à quel moment lever des fonds ? Comment bien estimer le montant à aller chercher ?

Aujourd’hui il y a de moins en moins de normes, surtout avec les investisseurs étrangers qui ont tendance à investir de plus en plus lorsque l’idée et le concept viennent à peine de jaillir. Les investisseurs sont nombreux et sont donc en concurrence sur les meilleurs marchés et idées. Le tempo de votre levée de fonds dépendra donc tout d’abord de votre besoin et de votre vélocité pour aller chercher votre marché.

La levée de fonds ce n’est pas qu’une histoire d’argent. Me concernant, je trouve que le plus tôt est le mieux. Cela permet de s’ouvrir à des investisseurs types « sparring partner » qui sauront aussi vous conseiller ou vous ouvrir à leurs réseaux, à leur écosystème.

Concernant le montant à aller chercher il doit être déterminé précisément par le besoin qui s’exprime de par votre business plan détaillé. Sur ce sujet, l’accompagnement par une banque d’affaires qui s’occupera de monter le dossier peut être un vrai plus.

De qui s’entourer pour être efficace sur le sujet ?

D’une banque d’affaires, à minima si vous connaissez déjà vos investisseurs. Si la levée est importante, un cabinet d’avocat spécialisé pourra vous aider en amont à structurer votre fiscalité personnelle.

Bien souvent, la nécessité de rattacher sa startup à sa holding personne reste un prérequis en termes de best practices à ne pas omettre.

Qu’est ce qui a été déterminant dans le choix des investisseurs ?

Nous concernant, il s’agit pour le coup d’une affinité, d’une réelle compréhension de notre projet et d’un engouement véritable autour de l’équipe et du marché que nous adressons avec une solution dite « cutting edge ». Nos investisseurs sont tous aguerris et ont un certain vécu. Nous nous sommes bien compris et ils ont cru rapidement en la qualité de notre solution. Le choix s’est fait très naturellement. Notre banque d’affaires, Stelleor, nous a présenté des investisseurs qui nous ressemblaient et tout s’est bien passé.

Qu’attendent les investisseurs aujourd’hui ?

En règles générales, les investisseurs attendent un rapide retour sur investissement mais je dirais aussi une expérience et une aventure sur un projet qui les passionne. En effet, la plupart des investisseurs sont d’anciens entrepreneurs ou des entrepreneurs toujours actifs, ils cherchent alors des projets qui leur parlent.

Comment ne pas se perdre dans le processus de levée ? Comment conserver le lead dans le cadre de ce type d’opération ?

Pour conserver le lead, il vaut mieux ne pas avancer sur votre pacte d’actionnaire et vos statuts sans un bon cabinet d’avocat, neutre et spécialisé dans le domaine des levées de fonds. Si je devais faire une recommandation, je dirai qu'il est préférable de ne pas se diluer à plus de 25 % voire 30 % sur la première levée et rester sur un cycle de dilution de 25 % pour les prochains rounds en moyenne.

Comment solliciter son écosystème pour lancer son projet ?

Je vous déconseille tout d’abord de solliciter votre famille, évitez toujours de mélanger business et affaires personnelles, ça vous évitera des problèmes dans le futur.

Pour ce qui est de votre écosystème, sollicitez le tout naturellement en parlant de votre nouveau projet sans crainte et sans faille. Si le sujet est pertinent et si vous êtes le « bon jockey », les membres de votre écosystème reviendront vers vous naturellement afin de vous proposer d’investir.

Pour T.O.P. c’est un peu ce qu’il s’est passé et nous avons même dû limiter l’apport de certains investisseurs de notre écosystème qui voulaient investir plus que ce que nous avions proposé.

Déterminer les objectifs d’une levée de fonds et s’y tenir !

L’objectif d’une première levée de fonds est de finaliser un POC (Proof Of Concept) ou d’accélérer sur une phase de Go To Market. N’oubliez pas que chaque euro dépensé ne génère pas forcément son équivalent et encore moins lors des premières années. Alors définissez bien votre besoin pour au moins 2 ans afin de ne pas vous retrouver en butée suite à l’accélération de votre société.

En synthèse, je dirais qu’il est important de comprendre que vos investisseurs vous ont fait confiance et attendent un retour sur investissement. Investissez et dépensez judicieusement, afin de transformer votre projet en un succès pour tous. Faites tout pour suivre votre business plan à la lettre et ne vous enflammez pas sur des dépenses en investissements qui ne sont pas essentiels.

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